Après dix ans de zéro déchet au quotidien, j’ai changé d’avis sur certains produits. Déodorant solide, wrap alimentaire, cup menstruelle… voici les alternatives que j’ai fini par abandonner, mais aussi celles que j’utilise toujours avec autant de plaisir, dix ans plus tard.
Quand j’ai commencé cette démarche, comme beaucoup d’entre vous sans doute, je cherchais avant tout des alternatives durables aux produits jetables. L’idée était simple : remplacer un objet à usage unique par une version réutilisable, lavable ou rechargeable. Et ça fonctionne très bien, jusqu’au jour où l’on réalise qu’un produit peut être écologique sur le papier sans être adapté à notre vraie vie.
Dix ans de tests quotidiens plus tard, j’ai une vision beaucoup plus nuancée du zéro déchet. Certains produits que j’adorais au début ont fini par quitter ma routine. D’autres, au contraire, sont toujours là. Aujourd’hui, je ne cherche plus à avoir une maison parfaitement zéro déchet : je cherche des solutions durables, pratiques, simples à utiliser, et que j’ai vraiment envie de garder pendant des années. Voici donc mon retour d’expérience, sans filtre.
Les alternatives que j’ai fini par abandonner
Le déodorant solide
C’est probablement la toute première alternative zéro déchet que j’ai testée. Sur le papier, il coche toutes les cases : peu d’emballage, un produit concentré, des déchets limités. Mais après plusieurs années d’utilisation, j’ai fini par l’abandonner, pour deux raisons principales.
La première, c’est l’application. Je le trouve moins facile à utiliser qu’un déodorant liquide ou un roll-on : il faut souvent le chauffer légèrement au contact de la peau pour pouvoir l’étaler, et il a tendance à laisser des traces sur certains vêtements, en particulier lorsqu’il contient des huiles ou des beurres. La seconde raison, c’est la chaleur. Quand il fait chaud, beaucoup de déodorants solides ramollissent, voire fondent complètement. Pour moi qui bouge beaucoup et qui l’emmène partout, ce n’est pas franchement pratique, un déodorant transformé en flaque au fond d’un sac de plage n’a rien de l’allié rêvé du zéro déchet.
Aujourd’hui, je lui préfère un déodorant sain et rechargeable, comme ceux de la marque Cozie, qui fonctionnent avec un flacon consigné. Cette solution conserve à mes yeux l’essentiel du principe zéro déchet, réduire les emballages jetables, tout en étant beaucoup plus pratique au quotidien. C’est une réflexion qui revient souvent dans ma démarche aujourd’hui : le meilleur produit zéro déchet est celui qu’on utilise réellement, sur la durée. Un objet réutilisable qui nous agace finit tôt ou tard oublié dans un placard, et un produit qui dort dans un placard n’a plus rien d’une alternative durable.
Le wrap alimentaire
Le wrap réutilisable, et en particulier le fameux bee wrap, est une autre alternative que j’ai testée pendant des années. L’objectif est séduisant : remplacer le film plastique ou le papier aluminium par un emballage lavable. Mais aujourd’hui, je ne l’utilise plus du tout.
Ce n’est pas uniquement une question d’entretien, il existe de bonnes méthodes pour nettoyer un wrap correctement. C’est surtout mon ressenti sur l’hygiène et l’usage au quotidien qui m’a fait changer d’avis. Quand on emballe un aliment, l’extérieur du wrap est forcément en contact avec son environnement : il peut se retrouver posé sur un plan de travail, dans un sac ou sur une table. Le problème devient encore plus flagrant en pique-nique. Nous allons souvent à la plage, et quand un wrap tombe dans le sable, il devient presque impossible de le débarrasser complètement des petits grains qui s’accrochent partout. Ce n’est pas un vrai problème sanitaire en soi, mais c’est une contrainte suffisamment gênante pour que je préfère une autre solution, d’autant que les wraps cirés ont aussi leurs limites, tous les aliments et toutes les températures ne leur conviennent pas.
Aujourd’hui, j’utilise des pochettes lavables avec un intérieur en tissu PUL adapté au contact alimentaire, beaucoup plus simples à nettoyer et à intégrer au quotidien, pour les pique-niques, les goûters ou les sandwichs. C’est d’ailleurs ce type de pochettes que vous retrouverez dans ma boutique Miss Purple Green. Là encore, mon choix est devenu limpide : je préfère une alternative facile à laver et que j’utilise vraiment souvent, plutôt qu’un produit théoriquement parfait mais qui ne colle pas à mes habitudes.
La cup menstruelle
La cup a longtemps fait partie des grandes stars du zéro déchet, et je comprends parfaitement pourquoi : réutilisable pendant plusieurs années, elle permet de réduire considérablement le nombre de protections jetables utilisées, et les données scientifiques disponibles sont plutôt rassurantes sur son efficacité et sa sécurité lorsqu’elle est bien utilisée. Pourtant, elle ne fait plus partie de mes habitudes aujourd’hui.
Chez moi, son utilisation reste simple. Le problème se pose quand je dois la vider en journée, à l’extérieur : il faut pouvoir la retirer avec les mains propres, la vider, éventuellement la rincer, puis la remettre, et dans beaucoup de toilettes publiques ou professionnelles, le lavabo n’est tout simplement pas dans la cabine. Cette logistique compliquée a fini par prendre le dessus. Ce n’est donc pas la cup elle-même que je remets en question, mais son adéquation avec ma vie actuelle, et c’est une distinction importante : une alternative zéro déchet peut être excellente sans être la bonne solution pour tout le monde. Après dix ans, je considère que ça fait aussi partie du zéro déchet : avoir assez de recul pour reconnaître qu’une solution ne nous convient plus, sans culpabiliser.
Les produits que j’utilise toujours, dix ans après
À l’inverse, certains produits ont vraiment résisté à l’épreuve du temps. Ce sont ceux qui ont trouvé leur place dans ma routine sans jamais me demander d’effort particulier, exactement ce que je recherche aujourd’hui : de la simplicité, de la durabilité et de la praticité.
Le savon solide reste probablement le produit que je recommande le plus facilement. Il supprime une grande partie des emballages liés aux savons liquides, se transporte très bien et peut durer longtemps s’il est bien entretenu. Son secret pour éviter qu’il ne fonde trop vite : le laisser sécher entre deux utilisations, sur un porte-savon qui permet à l’eau de s’écouler. C’est pour moi l’exemple parfait d’une transition réussie, simple, peu contraignante, facile à intégrer dans une routine existante.
Le dentifrice en poudre est lui aussi resté dans ma salle de bain, pour son format qui limite les emballages et évite les tubes classiques. Mais dix ans de zéro déchet m’ont appris une règle que je ne transige plus : ne jamais privilégier l’emballage au détriment de la santé. Pour le dentifrice, la présence de fluor reste un élément important dans la prévention des caries. Mon conseil : ne choisissez jamais un dentifrice uniquement parce qu’il est vendu sans plastique, regardez aussi sa composition.
Les charlottes à plat en tissu, qui couvrent bols, plats et récipients sans film alimentaire, sont une petite invention du quotidien dont je reste fan : lavables, réutilisables, faciles à ranger, peu encombrantes, elles passent tout simplement au lavage une fois sales. C’est exactement le type de produit que j’aime dans une démarche zéro déchet : on l’utilise, on le lave, et on recommence.
Les lingettes démaquillantes lavables sont une transition très facile vers une salle de bain plus durable. Elles remplacent les cotons jetables, se lavent et se réutilisent indéfiniment, et surtout, elles ne demandent presque aucun changement d’habitude. On les utilise comme un coton classique, sauf qu’on ne les jette pas après usage : il suffit de les glisser dans le panier à linge.
Ma gourde en inox fait partie des objets que j’emmène partout : travail, voiture, promenade, vacances, plage. Elle évite l’achat régulier de bouteilles jetables, et l’inox a l’avantage d’être robuste, contrairement au verre. Une seule précision compte vraiment : une gourde réutilisable doit être lavée régulièrement, l’inox ne reste pas propre tout seul.
Dans ma cuisine, les contenants en verre sont devenus indispensables pour conserver les restes, préparer des repas et organiser le frigo. J’aime leur transparence et le fait qu’ils ne retiennent pas les odeurs. Mais contrairement à une idée reçue, le verre n’est pas automatiquement le matériau au plus faible impact environnemental : il est lourd et sa fabrication demande beaucoup d’énergie. Son vrai atout, dans ma démarche, c’est surtout sa réutilisation sur le très long terme, je ne l’achète pas pour le jeter, je le garde pendant des années.
Pour les repas à emporter, je préfère les bentos en inox : pratiques en pique-nique, au travail ou en vacances, robustes et increvables dans un sac. Comme pour le verre, ce qui compte vraiment, c’est la durée d’utilisation : un contenant qu’on garde des années vaut bien mieux qu’une succession de boîtes qu’on remplace sans cesse.
Le rasoir de sûreté, dont on ne change que la lame en gardant le même manche, demande un peu d’apprentissage au début — les premières utilisations exigent plus d’attention qu’avec un rasoir jetable classique. Mais une fois le geste acquis, il est très simple à utiliser, et surtout, je le garde pendant des années au lieu de jeter un rasoir complet régulièrement.
Mes sacs à vrac en coton biologique sont toujours dans mes placards, pour les céréales, légumineuses, graines, fruits secs ou farine. Là aussi, une petite nuance s’impose : le coton n’est pas une matière sans impact, sa production demande de l’eau, de l’énergie et des ressources. L’intérêt environnemental d’un sac en coton vient donc surtout de son utilisation répétée — inutile d’en posséder vingt, quelques sacs vraiment utilisés pendant des années valent bien plus qu’une collection.
Le savon à vaisselle fait partie de mes indispensables : il remplace le liquide vaisselle en bouteille et s’utilise facilement avec une brosse ou une éponge lavable. Le seul point à surveiller reste le séchage, comme pour un savon pour le corps, mieux vaut éviter de le laisser constamment dans l’eau, un porte-savon bien drainé prolongeant nettement sa durée de vie.
J’ai également adopté les brosses à vaisselle en bois et fibre d’agave à tête remplaçable, pratiques pour nettoyer assiettes, verres, casseroles et ustensiles. L’intérêt : au lieu de jeter toute la brosse une fois usée, on garde le manche et on ne remplace que la tête. C’est exactement le type de conception que j’aime retrouver dans les objets du quotidien.
Enfin, je continue à utiliser des pierres exfoliantes en argile fabriquée à Saint-Emilion pour le corps et le visage, pour leur simplicité et parce qu’elles évitent de multiplier les tubes de gommage. Mais je les utilise avec modération : l’exfoliation n’est pas indispensable à toutes les peaux, et une exfoliation trop fréquente ou trop abrasive peut irriter. Ici encore, mon approche a évolué avec le temps, naturel ne veut pas dire qu’on peut en faire trop.
Ce que dix ans de zéro déchet m’ont vraiment appris
Quand j’ai commencé, je pensais surtout en termes de remplacement. Un produit jetable ? Je cherchais son équivalent réutilisable. Du film alimentaire ? Un wrap. Des cotons ? Des lingettes lavables. Une bouteille de savon ? Un savon solide. Cette démarche m’a permis de changer énormément de choses dans mon quotidien.
Mais dix ans plus tard, ma vision a évolué. Aujourd’hui, avant d’acheter une alternative, je me pose davantage de questions : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que je vais vraiment l’utiliser ? Est-ce que son entretien est assez simple pour que je le fasse pendant des années ? Est-ce que ce produit va réellement remplacer quelque chose de jetable ? Et ce que ce produit est Français? Est-il fabriqué dans de bonnes conditions? Et surtout : est-ce qu’il va simplifier ma vie, ou la compliquer ?
Parce que finalement, le zéro déchet n’est pas une compétition. Il ne s’agit pas de posséder tous les accessoires disponibles sur le marché, ni de conserver à tout prix une alternative simplement parce qu’elle est présentée comme écologique. Après dix ans, c’est probablement la conclusion la plus importante que je puisse partager : je préfère aujourd’hui un objet simple, robuste et utilisé pendant des années, à un produit « parfait » sur le papier que je finis par abandonner.
Le zéro déchet est une démarche vivante. Nos besoins changent, nos familles évoluent, notre travail change, nous voyageons, nous sortons, nous pique-niquons, nous avons parfois moins de temps, et nos solutions doivent pouvoir évoluer avec nous. Alors oui, j’ai abandonné certains produits zéro déchet, et je ne considère pas cela comme un échec. Au contraire : c’est aussi ça, une démarche zéro déchet qui dure dans le temps, apprendre de ses expériences, garder ce qui fonctionne, et laisser partir ce qui ne fonctionne plus.
Après dix ans, je ne cherche plus à faire parfaitement. Je cherche simplement à faire mieux, mais surtout, à faire durablement.

