La Charge Mentale des Femmes en France : Le Poids Invisible Qui Pèse sur Leur quotidien.

Chaque matin, Layla se réveille avec une liste déjà bien trop longue dans sa tête : « penser au rendez-vous médicaux des enfants, acheter le lait bio, ne pas oublier les carnets de santé, régler la facture d’électricité, réserver les vacances… et au passage, ne pas oublier de sourire ».

Comme beaucoup de femmes en France, elle cumule les casquettes : mère, salariée, organisatrice, gestionnaire, souvent sans que personne ne voie vraiment l’effort que cela représente, et avec pas ou peu d’aide de son entourage.

1.Qu’est-ce que la charge mentale ?

La charge mentale n’est pas seulement le fait de réaliser des tâches, mais de penser à tout ce qui doit être fait : anticiper, planifier, organiser, se souvenir, même de ce qu’on n’a pas encore commencé. C’est un travail invisible permanent, souvent attribué aux femmes même lorsque les deux partenaires travaillent à plein temps. 

📊 Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

💼 a. Les femmes portent une charge mentale plus élevée que les hommes

✔️ En France, 67 % des femmes déclarent ressentir une charge mentale personnelle élevée, contre 57 % des hommes. 

✔️ Parmi les femmes avec enfants de moins de 14 ans, 82 % ressentent cette charge, contre 65 % des hommes dans la même situation. 

✔️ La gestion de l’éducation des enfants est déclarée comme une responsabilité plus souvent féminine (81 % contre 66 % chez les hommes). 

🧹 b. Répartition des tâches domestiques

✔️ Selon certaines enquêtes, les femmes assument la majorité des tâches domestiques dans 63,5 % des cas, et près de 75 % d’entre elles gèrent seules l’organisation du quotidien familial

🧠 c. Impact sur la santé mentale et professionnelle

✔️ Une très grande majorité des femmes estime que cette charge mentale freine leur progression professionnelle (92,5 %). 

✔️ Près de 50 % déclarent avoir déjà vécu un burn-out ou une dépression liée à cette surcharge

✔️ Et plus de 50 % des femmes ressentent du stress ou de l’angoisse au quotidien

2.La double journée des femmes aujourd’hui

Quand ton homme rentre de sa journée de boulot et qu’il s’étale dans le canapé ou passe direct les pieds sous la table, ta deuxième journée à toi « Miss », continue (oui parcequ’elle a aussi déjà commencé avant d’embaucher!). Et oui, même lorsqu’elles travaillent souvent 35 à 40 h par semaine, comme c’est mon cas, les femmes ne rentrent pas chez elles pour se reposer. Elles passent leur “deuxième journée” à :

• gérer le ménage, le linge, les repas,

• faire les courses,

• organiser le budget,

• coordonner les rendez-vous médicaux, les activités extrascolaires, les devoirs,

• planifier les vacances, les imprévus (grèves scolaires, enfants malades)…

et souvent penser à ce que tout le monde pense (anniversaires, cadeaux, rendez-vous, papiers administratifs).

Cette capacité à tout anticiper, tout retenir, tout synchroniser est épuisante, invisible, et rarement reconnue à sa juste valeur.

3.L’obligation de perfection sociétale

La société attend de la femme d’aujourd’hui qu’elle fasse tout cela, et qu’elle soit également impeccable physiquement, qu’elle colle à la vision véhiculée dans les médias, sur les réseaux, etc…. Souvent son conjoint est également très dur sur ces points là, et n’a aucune gratitude. Alors qu’on te demande d’être, impeccable, bien habillée, relaxée, en forme, épanouie, souriante…il ne reste souvent aucun moment pour soi, se ressourcer ou penser à ce dont on a envie dans la vie.

Ce contraste entre les attentes, sociales, familiales, parfois même celles du conjoint, et la réalité quotidienne conduit de nombreuses femmes à négliger leur santé mentale et physique, jusqu’à l’épuisement.

4.Outils et astuces pour mieux s’organiser

Je suis loin de l’égalité des taches à la maison, mais j’ai quand même réussi à diminuer cette pression permanente sur mes épaules. Voici des solutions concrètes, simples que j’ai mis en place pour alléger ma charge mentale :

📱 Applications partagées utiles (Pour éviter de coller des post-it partout dans la maison!!)

✔️ FamilyWall – pour centraliser les tâches familiales, les documents, listes de courses, recettes, budgets, plannings et les calendriers.

Chaque membre de la famille la télécharge sur son téléphone et se crée un compte. Certaines fonctionnalités sont gratuites, comme le calendrier, la liste de course, d’autres sont payantes mais tout à fait accessibles.

Il existe aussi, mais je n’ai pas testé car Familywall nous convient très bien :

✔️ Google Agenda partagé – pour que chacun visualise les rendez-vous et responsabilités.

✔️ Bring!, Outy ou AnyList – pour créer des listes de couses collaboratives.

✔️ Cozi – agenda familial, listes de tâches et de courses, et partage entre membres du foyer.

🛋️ Organisation pratique

Déléguer certaines tâches à Monsieur et aux enfants qui grandissent. En effet, pour l’enfant, cela fait partie de l’éducation à l’autonomie avant de quitter le nid, et pour Monsieur, cela lui donne conscience de tout ce que vous devez faire dans une journée en plus de votre travail. Pour motiver les enfants, certaines de mes amies ont même mis en place pour leurs enfants un barème de récompenses en fonction des corvées ou tâches effectuées.

Partager un calendrier familial afin que chacun voit les activités et responsabilités (pour moi avec FamilyWall).

Créer des routines claires, pour moi qui suis autiste et TDAH c’est obligatoire car je ne peux malheureusement pas faire sans. Mais c’est bien plus pratique pour tout le monde (repas, corvées, suivi enfants).

Externaliser quand c’est possible financièrement, ce qui peut être externalisé (baby-sitting, aides à domicile, services ponctuels).

Préparer à l’avance ce qui peut l’être comme les menus de la semaine (voir mon article sur le batchcooking pour cuisiner en 2h pour toute la semaine!).

💬 Apprendre à dire NON

Dire non n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de préservation. Il y a un moment, ou je ne peux plus, soit je deviens infecte et j’hurle à tout va pour un rien (ce fameux moment où ton mec te demande si tu as tes règles!), soit je dis NON STOP et débrouillez-vous!…. La vérité, c’est que ce moment ne devrait jamais arriver, car il est déjà trop tard question surmenage et stress. Il faudrait être aidée avant, ou savoir dire non plus tôt.

5.Le rôle essentiel du soutien social

La plupart du temps, quand je suis à bout, je trouve du réconfort à échanger avec mes amies femmes. Un moment entre « Desperate Housemums » (comme je les appelle), cela fait du bien, car cela nous montre que nous ne sommes pas seule face à la surcharge mentale. Cela n’améliore pas la situation pour autant, mais cela permet de se sentir moins seule, parfois de trouver des solutions, et souvent de rire de certaines anecdotes surréalistes….

Quoiqu’il en soit, avec un spécialiste type psychiatre ou psychologue, ou bien des amies, des voisins, ou des groupes de femmes qui vivent des situations similaires, il faut savoir échanger pour se décharger et :

• offrir un espace d’écoute,

• inspirer des stratégies d’organisation,

• réduire le sentiment d’isolement.

Parce que comprendre qu’on n’est pas seule à vivre cette pression invisible, c’est déjà une première étape vers un quotidien plus léger.

Conclusion

Les femmes d’aujourd’hui, solos ou en couple, sont des super-women du quotidien. Elles travaillent, organisent, anticipent, veillent et protègent par instinct et sans attendre de contrepartie. Et souvent, elles n’ont aucune reconnaissance, et elles oublient de s’occuper d’elles-mêmes.

👉 La charge mentale n’est pas uniquement un problème personnel, mais un enjeu social, culturel et économique qui mérite d’être reconnu, discuté et partagé.

👉 L’important n’est pas d’atteindre la perfection, mais de trouver un équilibre plus juste, ensemble, en famille, et avec des outils pratiques qui peuvent permettre de déléguer et de reposer un peu la machine à penser.

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